Olivier Kamitatu: Changement de mentalités

17 06 2011

S.E. Olivier Kamitatu Etsu, Ministre du Plan, RDC: ‘…réforme doit s’accompagner d’un véritable changement des mentalités

 Olivier Kamitatu: Changement de mentalités dans Politique

Dans un entretien exclusif avec www.iPAD-africa.com, Son Excellence Olivier Kamitatu Etsu, Ministre du Plan révèle la stratégie du gouvernement congolais pour améliorer le climat des affaires en RDC et il souligne les prochains secteurs à considerer.

Parlez-nous de votre rôle dans le Comité de Pilotage pour l’Amélioration du Climat des Affaires ?
L’Amélioration du Climat des Affaires est un domaine transversal. Cependant, de manière spécifique, cette tâche a été confiée par le Gouvernement à mon Ministère à travers notamment la structure dédiée qu’est le Comité de Pilotage pour l’Amélioration du Climat des Affaires et des Investissements, « CPACAI ». Sans s’immiscer dans le fonctionnement quotidien de la structure, le Ministère donne l’impulsion et encadre l’action dudit Comité. Le Ministère coordonne les activités et rectifie, si besoin en est, les orientations prises. Mon Ministère aussi a, sous sa tutelle, l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements, ANAPI. Cette autre structure chargée de la promotion des investissements, veille aussi au climat des affaires.

Pour son fonctionnement, un Décret du Premier Ministre définit les compétences du Comité de Pilotage pour l’Amélioration du Climat des Affaires et des Investissements, « CPACAI ». Suivant ce Décret du 08/08/2009 qui crée le Comité de Pilotage pour l’Amélioration du Climat des Affaires et des Investissements, le rôle ou la mission de cette structure est notamment de:

  • identifier les obstacles et entraves rencontrés par les investisseurs dans la constitution des entreprises et dans l’exécution de leurs obligations vis-à-vis de l’Etat et des tiers ;

  • étudier les mesures à prendre sur l’Amélioration du Climat des Affaires et des Investissements et les proposer au Gouvernement ;

  • faire accélérer la mise en œuvre des réformes pouvant permettre une plus grande sécurité physique et juridique des investissements.

Est-ce qu’il y a encore des démarches à faire avant que la République Démocratique du Congo adhère complètement à OHADA ?
En dehors de la mise en conformité du droit national et de la loi cadre à voter sur l’application du droit OHADA, la seule démarche qui reste est le dépôt des instruments de ratification. Mais le souhait de la République Démocratique du Congo est de procéder à la formation des Magistrats et des Auxiliaires de justice avant l’entrée en vigueur du droit OHADA qui intervient 60 jours après le dépôt des instruments de ratification.
 
Le secteur minier est souvent ciblé par les étrangers. Mais, à votre avis, c’est quoi le prochain secteur susceptible d’attirer l’attention des investisseurs internationaux ?
Depuis longtemps, le secteur des mines était considéré comme le poumon de l’économie nationale, eu égard notamment à la part que la GECAMINES apportait dans le budget national. A notre avis, le prochain secteur porteur de la République Démocratique du Congo est celui de l’énergie, notamment l’énergie hydroélectrique et l’eau. En effet, avec ses différentes dotations en eau, la République Démocratique du Congo reste un pays qui attirera dans les prochaines années le plus des investisseurs internationaux. L’eau est une réserve extrêmement stratégique pour l’avenir du pays.

Votre Ministère emploie quelle stratégie aujourd’hui pour combattre les perceptions, qui sont parfois négatives et même parfois fausses données dans la presse internationale ?
Il est vrai que les actions posées, à ce jour, par le « CPACAI » ne sont pas suffisamment palpables encore moins visibles par les opérateurs économiques. Pourtant, le Comité a eu à exécuter déjà deux feuilles de route avec un taux de réalisation avoisinant les 60%. Une 3ème feuille de route est en cours d’exécution.

Eu égard à ce qui précède, nous avons résolu d’adopter une stratégie de communication plus agressive de manière à mieux vulgariser, dans les milieux bénéficiaires, les efforts engagés. Au clair, il a été décidé que soit améliorée la stratégie de communication pour faire bénéficier aux opérateurs économiques, encore réticents, le bénéfice des mesures arrêtées. Ainsi, des contacts directs sont prévus, et d’autres sont déjà en cours, avec le monde des affaires, l’administration centrale et celle des provinces, chargées de leur mise en œuvre. L’un des goulots d’étranglement reste, bien entendu, la qualité de notre administration dont les capacités managériales doivent être renforcées. Par ailleurs, cette réforme doit s’accompagner d’un véritable changement des mentalités, si l’on veut que les opérateurs économiques, et partant la population toute entière, bénéficie des effets du travail de ces réformes.

Quels sont les souhaits de votre Ministère pour le développement du pays dans les prochains 50 années ?
Dans les 50 années à venir, la République Démocratique du Congo qui va regorger une importante population, sera un vaste marché. Pour ce faire, il faudra que soit réalisée, de la manière la plus indépendante et participative possibles, l’Etude Prospective Nationale, qui permet de déterminer ses priorités pour les 35 voire les 50 prochaines années. Des résultats de cette étude prospective, découleront des plans de développement. Celle-ci permettra notamment :

  • que soit mis en place un plan de reconstruction et de réhabilitation de nos infrastructures locales (routières, portuaires, aériennes, ferroviaires, lacustres et multimodales), et des voies de désenclavement du pays. Ceci va stimuler la production, les échanges et, par ricochet la compétitivité de nos produits face aux produits importés ;

  • que soit parachevé le programme de la réhabilitation et de la construction de lnga II et III ;

  • qu’un accent particulier soit mis sur le Programme de Renforcement des Capacités de notre Administration. Ceci la rendrait plus performante et plus aguerrie, à l’instar de celles d’autres pays ;

  • que soit développée une véritable politique de relance de la production agricole et industrielle ;

  • que soit organisée une véritable force armée dissuasive, républicaine et efficace, car la République Démocratique du Congo devra devenir une terre de paix ;

  • que soit affirmé davantage de manière univoque, le rôle complémentaire du secteur privé dans le processus de valorisation des ressources et de modernisation du pays, notamment à travers le système des Partenariats Publics Privés.

Est-ce que vous êtes satisfaits avec le bilan fait cette année cinquantenaire avec le développement du pays jusqu’à aujourd’hui ?
En réalité, durant les 50 premières années, le pays a réussi à consolider son unité et à préserver son intégrité territoriale et une forte conscience nationale malgré les velléités des guerres qui ont dominé son histoire pendant cette période. Certes, de nombreuses opportunités s’étaient offertes au pays sans qu’elles n’aient été capitalisées : le boum du cuivre notamment.

Loin de nous d’embrasser l’avenir avec pessimisme, la République Démocratique du Congo se réveille de son long sommeil.

Avec la démocratisation de la vie politique, la stabilité du pays dans sa partie Est et Nord – Est, la consolidation de la conscience collective, la relance du tourisme, et la crise financière internationale laquelle rend les dirigeants plus redevables face à leurs populations respectives, d’autres opportunités s’offrent au pays.

Qu’est-ce que la République Démocratique du Congo a comme atouts pour attirer les hommes d’affaires ?
La République Démocratique du Congo regorge d’immenses ressources, notamment humaines, énergétiques, forestières, halieutiques, touristiques et minières. A titre illustratif:

  • la République Démocratique du Congo présente une grande diversité ethnique et linguistique, sa population estimée à 65 millions d’habitants dont près de la moitié est âgée de moins de 20 ans, un élan d’urbanisation de plus en plus poussé, son sol et son sous-sol regorgent d’énormes richesses et ;

  • sa flore et sa faune regorgent des espèces uniques au monde, tels que l’okapi, les gorilles de montagne, les gorilles des plaines, le bonobo et les chimpanzés. Aussi, la République Démocratique du Congo a développé un réseau unique d’aires protégées composé de huit parcs nationaux dont cinq sont inscrits au patrimoine mondial, à savoir Garamba, Virunga, Maiko, Salonga et Kahuzi-Biega ; de 177 réserves ; 3 jardins zoologiques et 3 jardins botaniques. Ces espèces, pris ensemble, couvrent une superficie de 250 000 km², soit 11% du territoire national, l’objectif légal étant d’atteindre 15% du territoire national ;

  • la République Démocratique du Congo constitue le 2ème poumon de la planète, car 2/3 du bassin du Congo se trouve sur son territoire ;

  • au plan des ressources forestières, la République Démocratique du Congo a un autre atout et non de moindre, j’ai cité son couvert forestier. Estimé à 145 millions ha en 2010, celui-ci en a perdu 13 millions en 20 ans. Le pays abrite ainsi 10% des forêts tropicales mondiales et fait partie des trois (3) grands forestiers.

Donc la République Démocratique du Congo reste ainsi un marché potentiel pour les investisseurs.

http://www.ipad-africa.com/node/17538

 


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